Compétence à écrire des textes variés

Afin de me préparer à l’accompagnement des enseignants FGA à l’appropriation du programme de formation de base diversifiée, je prends connaissance des programmes spécifiques à chaque discipline.  Le français n’étant pas ma discipline de base, j’ai peu de références par rapport à la façon dont cette matière est enseignée actuellement. Par contre, j’analyse les différents processus de développement des compétences en regard à l’utilisation des technologies disponibles.

Dans l’énumération des étapes du processus d’écriture de textes variés, on peut lire « Faire un brouillon » et « Rédiger la version définitive de son texte » (page 33 de la version provisoire du programme de français LE en formation générale des adultes).

Compétence_2

Faire un brouillon? Rédiger la version définitive? Est-ce encore comme ça qu’on rédige un texte? Est-ce que les processus et stratégies présentés dans ce programme sont enseignés de façon linéaire? Doit-on adapter les processus et stratégies à l’écriture à l’aide d’un logiciel de traitement de texte?

Lorsqu’on  écrit un texte à l’aide d’un logiciel de traitement de texte, les notions de brouillon et de version définitive perdent un peu de leur sens.

Les logiciels de traitement de texte offrent des fonctions permettant autant au scripteur débutant qu’au plus expérimenté de travailler le texte de façon non linéaire. Par exemple, le scripteur utilise les styles pour structurer son texte, déterminer ses niveaux de titres afin d’apprécier l’avancement de son travail et commencer par mettre en place les éléments de présentation (page titre, table des matières, bordure de page, en-tête, etc.) avant même d’écrire son texte. Chaque élève développe son profil de scripteur et sa façon personnelle d’aborder une tâche d’écriture.

Lorsqu’on écrit un texte à l’ordinateur, les notions de brouillon et de version définitive n’ont plus le même sens. Pour un texte dédié à la publication en ligne, le brouillon est un texte qui n’est pas encore publié. Et un texte publié n’est pas toujours une version définitive. En effet, la dernière version peut être mise à jour afin d’améliorer le contenu, d’apporter des précisions ou corriger des coquilles.

L’apport des technologies ne peut se faire sans un changement de pratique ou de stratégies dans le processus d’apprentissage et par les tâches qui y sont requises. Ce qui est encore plus pertinent, c’est d’ajuster les stratégies afin de rendre l’élève plus compétent à écrire des textes variés avec les outils qu’il utilisera le plus souvent dans son quotidien, que ce soit lors de la poursuite de ses études, dans le métier qu’il exercera ou dans sa vie personnelle. Pour cela, j’ai toutefois confiance dans le professionnalisme des enseignants qui savent adapter les stratégies en fonction du besoin de leurs élèves.

La robotique, une lubie de technophile?

En éducation, plusieurs personnes croient que la robotique est une lubie de quelques fantaisistes pas trop matures et déconnectés de la réalité de la classe. En fait, c’est vrai qu’organiser des activités de robotique en classe, surtout dans des centres où les élèves travaillent individuellement et en silence, bouscule un peu l’ordre et les habitudes. De plus, si le but de l’enseignement et de préparer les élèves aux examens, la robotique n’a pas vraiment de place, car, actuellement, on évalue les élèves à résoudre des problèmes écrits et qu’avec du papier et un crayon.
Or, la robotique a sa place dans le parcours d’apprentissage en mathématique pour au moins deux raisons.

  • D’abord, la robotique est un secteur d’avenir. Cette technologie prend de plus en plus de place en industrie, mais également dans les maisons et pour les loisirs. En connaitre les bases sera, pour les citoyens de demain, une compétence essentielle. Découvrir ce secteur d’activité permet également d’ouvrir une porte vers un choix de carrière.
  • Ensuite, la robotique permet de donner des ancrages à des apprentissages théoriques. Par exemple, étudier les notions de fonction affine (la droite) ou autres fonctions, uniquement en lisant dans un livre et en construisant des graphiques parait très abstrait pour plusieurs élèves. Par contre, lorsque ceux-ci programment un robot et construisent un graphique à partir des données récoltées par le robot, les notions de fonctions, de relation entre quantités et du rôle des paramètres prennent tout leur sens.

Lorsqu’on propose des activités de robotique, on fait toujours travailler les élèves en équipe de deux ou trois. Ils doivent alors collaborer et travailler ensemble. On remarque que lorsque les élèves travaillent en équipe, ils sont non seulement plus motivés, mais ils sont également prêts à relever des défis beaucoup plus élevés. Le travail d’équipe leur donne des occasions de s’aider entre eux.

Robotique_Marchand_2

Élèves de St-Jérôme en plein travail de programmation

Les documents produits lors de l’activité de robotique sont ensuite réinvestis en classe et c’est beaucoup plus motivant pour les élèves de travailler avec leurs propres données. Cela donne du sens à ce qu’ils font. Tous les graphiques produits lors de l’activité sont imprimés et remis aux élèves afin qu’ils puissent les utiliser en classe.

Graphique créé lors d'une activité de robotique

Graphique créé lors d’une activité de robotique

En général, les élèves adultes qui participent à ces activités n’y voient que du positif, ils font des liens et s’impliquent  dans les tâches demandées avec beaucoup d’enthousiasme. Ceux qui critiquent la robotique comme outil d’apprentissage n’ont probablement jamais accompagné des élèves dans ce genre d’activités ou alors l’activité n’était pas bien structurée. Entendre les témoignages, voir l’investissement et la motivation chez les élèves, cela suffit à convaincre de la pertinence de la robotique.

En mathématique, plusieurs notions peuvent être abordées par une activité de robotique telles les relations entre quantités et les représentations physiques. En science-techno ainsi qu’en physique, la robotique devient incontournable. Bref, cette technologie est appelée à faire partie intégrante des outils de base pour l’appropriation des connaissances et des compétences requises dans le programme de la formation générale des adultes.

Esprit de partage

Une fois le congrès de l’AQIFGA passé, il me semble que l’année s’achève. Déjà, on fait le bilan de l’année et pense aux projets pour l’année suivante.

C’est dans cet esprit que j’ai pris la décision d’écrire des articles s’adressant directement aux intervenants de la région des Laurentides. L’objectif de ces articles est d’abord de créer un lien, mais également pour faire connaitre le travail accompli et le développement dans chacun des centres.

Voici donc quelques réalisations particulièrement intéressantes et supportées par les technologies qui ont été diffusées cette année:

Des équipes d’enseignants et de conseillers pédagogiques poursuivent leurs travaux sur la production de matériel pour les nouveaux programmes de FBD, en particulier pour les mathématiques et la science-techno. Des activités et situations d’apprentissage originales bonifiées par des technologies seront diffusées  l’an prochain. Écrivez-moi pour faire connaitre vos réalisations et vos projets.

Merci à tous les généreux enseignants qui partagent le fruit de leur travail.

Les technologies pour apprendre

L’utilisation des technologies en contexte d’apprentissage est-elle un facteur de réussite efficace? Étonnamment, certaines personnes croient que non. Elles mettent les technologies en opposition à la relation maitre-élèves et minimisent leur impact. Comme référence, ces personnes citent l’étude de John Hattie qui prétend que l’apprentissage basé sur le Web n’a qu’une influence faible ou non-significative sur l’apprentissage. Mais de quels apprentissages parle-t-on dans l’étude de Hattie et de quels élèves? Peut-on généraliser pour des élèves de niveaux primaire, secondaire et pour des adultes? Peut-on affirmer qu’il est préférable que des adultes écrivent à la main parce qu’une étude démontre que des enfants de 5 ans apprennent mieux la lecture s’ils apprennent à écrire de façon manuscrite? Et peut-on dissocier l’outil du contexte, de l’enseignant et de l’apprenant?

On limite souvent les technologies éducatives aux exerciseurs ou aux écoutes passives de vidéos. Ces utilisations existent, elles ont même probablement leur place à l’intérieur d’un parcours d’apprentissage, mais les technologies en soutien à l’apprentissage dépassent largement ces modèles. En réalité, dans la classe, surtout en FGA, l’utilisation des technologies se rattache pratiquement toujours à un travail collectif ou collaboratif avec l’enseignant ou entre les élèves adultes.

Voici quelques activités que des élèves ont faits dans la région ces derniers mois:

  • Prêter sa voix à un avatar pour donner son opinion sur un sujet d’actualité (élèves en francisation);
  • Créer une planche de type bande dessinée en se mettant en scène pour présenter la vie au centre dans le but de communiquer en français;
  • Participer, en groupe, à des sessions de quiz interactifs en science ou en histoire dans le but de prendre conscience des enjeux, mais aussi de valider ou de consolider les apprentissages;
  • Modéliser  de façon dynamique des fonctions mathématiques afin de comprendre le rôle des paramètres;
  • Enregistrer sa voix et s’écouter afin de peaufiner sa prononciation en anglais;
  • Programmer un robot et traiter les données recueillies afin de visualiser la relation entre deux caractères;
  • Suivre un cours de biologie en ligne afin de bénéficier de présentations animées, de vidéos, d’articles variées et actuels en plus d’avoir un lieu d’échange asynchrone avec l’enseignant;
  • Consulter des dictionnaires numériques et un correcteur, utiliser un prédicteur de mots et la synthèse vocale  afin d’améliorer son vocabulaire et réduire l’incidence des fautes d’orthographe lors de l’écriture d’un texte;
  • Participer à un webinaires où un expert partage ses connaissances sur un sujet scientifique afin de présenter un domaine d’étude moins connu;
  • Et oui, écouter des capsules vidéos pour apprendre des techniques et faire des exercices avec un exerciseur en ligne pour renforcer des apprentissages, en complément au travail habituel; pour plusieurs élèves adultes, ça fonctionne très bien.

Dans tous les cas mentionnés, le succès de l’activité a reposé essentiellement sur le lien entre l’enseignant et les élèves. Un quiz est pédagogiquement rentable et motivant s’il est bien fait et bien animé. L’enregistrement de capsules ou la création de planche de type bande dessinée par les élèves conduisent à des apprentissages si l’enseignant a bien ciblé son intention pédagogique et encadré la réalisation de l’activité. Un cours en ligne répond aux attentes s’il est bien construit, maintient un rythme adéquat entre les lectures, l’écoute de vidéos et les productions. Une activité de robotique atteint sa cible si l’enseignant l’introduit en la reliant aux apprentissages, pose des questions afin d’amener l’élève à induire les règles et, par la suite, ancre les notions théoriques sur celles observées lors de l’activité de robotique. C’est parce que l’enseignant est un excellent pédagogue et qu’il a des liens forts avec ses élèves que l’utilisation de la technologie a été une réussite.

Le tableau vert ou noir et la craie ont sûrement encore une place dans la classe (au fait, s’interroge-t-on sur leur efficacité?), mais les ordinateurs, TNI, tablettes, robots et téléphones intelligents y sont également présents, au même titre et pour les mêmes objectifs. Le débat ne devrait pas porter sur l’outil, mais bien sur l’élève, sur ce qui l’aide vraiment dans un contexte précis et sur la pédagogie. Parfois, la lecture dans un livre et l’écriture à la main semblent plus efficaces, parfois, la recherche sur Internet, la création de carte interactive et la manipulation de forme sur un logiciel 3D permettent des apprentissages plus significatifs. Se refuser à utiliser certains outils sous un prétexte idéologique ne peut que nuire aux élèves.

Voici quelques liens vers des articles exposant diverses opinions:

http://rue89.nouvelobs.com/2016/04/27/numerique-a-lecole-change-t-vraiment-rapport-a-lerreur-263869

http://www.elfontario.ca/blog/technologie/technologie-en-classe-attention-aux-attentes-exagerees/

http://www.internetactu.net/2015/05/19/pourquoi-lapprentissage-assiste-par-la-technologie-ne-parviendra-pas-a-lui-seul-a-resoudre-la-crise-de-leducation/

http://www.vteducation.org/fr/articles/collaboration-avec-les-technologies/usages-pedagogiques-des-tic-de-la-consommation-a-la

Sur la rétroaction: http://claac.org/la-retroaction-dans-une-claac-une-strategie-efficace/

Impact des technologies sur les élèves à besoins particuliers. http://taalecole.ca/adaptations/technologies-lecture-ecriture/

Steve Masson

Cerveau et enseignement

Votre élève s’installe à côté de vous pour une explication. Il prend la peine de vous dire qu’il est visuel et que vous devez lui expliquer les concepts en écrivant ou en traçant les figures. Pour répondre à son style d’apprentissage, que faites-vous de différent? Comment doit-on différencier les pratiques pédagogiques en fonction des styles d’apprentissages des élèves? Est-ce que vous connaissez votre style à vous? Influence-t-il vos actes pédagogiques?

Vous avez des élèves moins doués en mathématique, sont-ils plus cerveau droit, donc plus artiste que logique? Comment en tenez-vous compte dans vos approches d’enseignement? Avez-vous des situations d’apprentissage destinées davantage aux cerveaux gauches et d’autres aux cerveaux droits?

Si vous ne tenez pas compte des styles d’apprentissages de vos élèves ni de leur dominance cérébrale, vous avez raison, tout ça n’est absolument pas démontré par la recherche. En fait, il semblerait que modifier les pratiques pédagogiques en fonction des styles d’apprentissages n’influence en rien l’apprentissage.

Les récentes recherches sur le cerveau et l’apprentissage s’appuient sur l’imagerie cérébrale où il est possible de voir le cerveau en train d’apprendre. De plus, il est possible d’observer les modifications du cerveau suite à un apprentissage en comparant différentes approches pédagogiques. Ces recherches ont permis de faire quatre découvertes qui pourraient changer complètement la façon d’enseigner, d’apprendre et d’étudier.

Première découverte : connaissances erronées sur le cerveau

Nos intuitions spontanées sont fréquemment des neuro-mythes. Un grand pourcentage des enseignants croient aux styles d’apprentissages et à la dominance cérébrale. De plus, les enseignants les plus connaissants sur le cerveau sont ceux qui ont le plus de connaissances erronées surtout en ce qui a trait aux neuro-mythes.

Deuxième découverte : La neuroplasticité

L’apprentissage modifie le cerveau, influence le développement des connexions entre les neurones. En bref, le cerveau change au fur et à mesure qu’on apprend et ces changements s’observent à l’aide de l’imagerie cérébrale. Les changements sont visibles dans la structure du cerveau.

Troisième découverte : Influence du cerveau sur l’apprentissage

Le cerveau possède des contraintes qui influencent les apprentissages. Les neurones situés près l’un de l’autre et qui s’activent ensemble se connectent ensemble. Ceci renforce la consolidation des apprentissages en créant des réseaux de neurones interreliés. Toutefois, lorsqu’on cesse d’activer les réseaux, ces derniers finissent par disparaitre.

On dit que l’élève doit être actif dans ses apprentissages. En réalité, c’est le cerveau de l’élève qui doit être actif. Mais qu’est-ce qui fait qu’un cerveau est actif? En réalité, un cerveau qui est actif est un cerveau qui travaille à récupérer l’information qui est en mémoire et la réutiliser. Ce point est particulièrement important, car ce n’est pas lorsqu’on explique des notions à l’élève qu’il va les apprendre, mais c’est en lui posant des questions sur ce qu’on vient de lui expliquer.
Une activité neuronale répétée améliore l’apprentissage ainsi que l’espacement des séances d’apprentissage. Il y a un meilleur apprentissage lorsqu’on fait plusieurs courtes séances d’études répétées régulièrement plutôt que de faire une seule longue séance d’étude. Un retour régulier sur les apprentissages précédents permet de les consolider. Cette découverte devrait être partagée avec les élèves afin de leur montrer comment optimiser leurs périodes d’études et leur façon d’étudier.

La structure initiale du cerveau influence également les apprentissages. La création de nouveaux réseaux de neurones s’appuie sur les réseaux déjà en place. La solidité des apprentissages faits au niveau primaire influencera donc la facilité d’apprendre lorsque l’élève atteindra le secondaire.

Quatrième découverte : Influence de l’enseignement

L’enseignement, en particulier l’approche pédagogique, peut influencer le fonctionnement du cerveau. Pour l’instant, peu d’études portent sur ce sujet et les observations sont encore préliminaires. On observe les différences dans le cerveau en comparant différentes approches, mais pour l’instant, les implications que cela engendre sont encore à être approfondies.

Pour en savoir plus :

Conférence de Steve Masson: http://linkis.com/player.vimeo.com/vid/3QfRY
Steve Masson est professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et directeur du Laboratoire de recherche en neuroéducation (LRN). À l’aide de l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, il étudie les mécanismes cérébraux liés aux apprentissages scolaires et à l’enseignement. Il s’intéresse particulièrement aux effets de l’apprentissage et de l’enseignement des sciences sur le cerveau et au rôle de l’inhibition et du recyclage neuronal dans les apprentissages difficiles. En plus d’être directeur en chef de la revue Neuroéducation, il est président de l’Association pour la recherche en neuroéducation, un organisme ayant pour mission le développement et la diffusion de la recherche en neuroéducation. En 2013, il a reçu le prix Pat Clifford pour la recherche en éducation en début de carrière pour ses travaux combinant les neurosciences et l’éducation.

La conférence a été présentée lors du Colloque International, « L’aventure des neurosciences« , à Angers (France) le 3 juin 2015

Émission Le Code Chastenay du 9 octobre 2012, Reportage 1 : Voir le cerveau se transformer, un neurone à la fois.
Texte : http://www.cea-ace.ca/education-canada/article/cerveau-apprentissage-et-enseignement

La nostalgie en enseignement

Albert Jacquard a dit : « L’objectif de toute éducation devrait être de projeter chacun dans l’aventure d’une vie à découvrir, à orienter, à construire. » Pourtant, nous, les enseignants, les conseillers pédagogiques, les rédacteurs de programme, de guides d’apprentissage, basons nos actions sur notre vie, nos outils et nos références. Nous nous laissons guider par des accès de nostalgie qui n’ont rien à voir avec notre mission.

Ce n’est pas dans notre monde à nous que les élèves vivront, mais bien dans le leur. C’est pour ce monde-là qu’il faut les aider à développer leurs compétences.

La difficulté est de connaître les compétences qui leur seront nécessaires. Nos valeurs dictent l’importance de connaître les tables de multiplication et la recherche dans un dictionnaire (papier). Mais est-ce réellement important? Est-ce une compétence essentielle pour les générations qui auront 20 ans en 2015 ou en 2020?

Utilisons-nous encore le dictionnaire papier? Pour être efficace dans la recherche sur Internet ou dans l’utilisation d’Antidote, faut-il d’abord passer par le papier? Et lorsqu’on parle de l’écriture manuscrite, en particulier les lettres attachées, certaines études laissent entendre que cet apprentissage aide à la compétence en lecture. En effet, selon Laura Dinehart, de l’Université internationale de Floride, « la maîtrise de la calligraphie semble avoir un effet vraiment sans équivalent sur le développement de l’enfant ». Mais pour l’instant, il y a eu très peu d’études et ces dernières ne comptaient qu’un nombre limité d’enfants. De plus, de nombreuses autres méthodes pédagogiques ont fait leurs preuves pour le développement de la lecture comme l’utilisation de cartes mentales. (http://www.nopanda.com/mapping-reussir-a1054.htm).

Ce texte ne vise pas à remettre en question les méthodes employées actuellement à l’école et, en particulier, dans les centres d’éducation aux adultes. À ce stade, les élèves ont, en principe, appris l’écriture et la recherche dans le dictionnaire. Doit-on insister pour continuer à travailler avec les outils qu’on avait, nous, à leur âge?

La question qu’on doit se poser, c’est : pourquoi tenons-nous tant à nos méthodes et nos outils? Est-ce par nostalgie et sommes-nous vraiment convaincus que c’est la seule façon d’apprendre?

Aujourd’hui, les technologies apportent plus d’avantages que d’inconvénients. D’abord, l’accès au savoir, partout, sur tous les sujets. Cette avancée technologique a trop souvent été abordée d’un côté négatif : les élèves perdent leur temps, ils copient…, mais il faut réaliser que dans bien des pays, cet accès au savoir a ouvert des portes aux enfants et adolescents qui n’avaient que peu de livres et aucune bibliothèque à proximité.

Dans un récent rapport (2013, Transformer l’éducation: le pouvoir des politiques relatives aux TIC, page 8), l’UNESCO reconnaît que les « TIC ont créé des conditions nouvelles pour l’émergence des sociétés du savoir. »

En gros, il faut cesser de voir les technologies comme des obstacles à l’éducation et commencer à analyser ce quelles peuvent apporter pour amener les jeunes plus loin et leur offrir plus de défis à relever. Bien sûr, sans oublier le développement de compétences pour le monde dans lequel ils auront à vivre et à travailler.

Nous sommes dans une période de grands changements au niveau de l’éducation et de la société. Au lieu de se plaindre en spectateur impuissant et nostalgique, faisons en sorte que ces changements améliorent la société et la qualité de vie des futurs adultes.

Le paradigme actuel de l’école est-il un terreau adapté aux technologies massivement déployées dans la société? Doit-on attendre que les conditions favorables s’installent d’elles-mêmes?

Savoir chercher dans un dictionnaire ou connaître ses tables de multiplication seront-elles des compétences recherchées et utiles dans les prochaines décennies?

Préparer l’adulte à la vie professionnelle

Les programmes d’études en formation générale des adultes visent à rendre les élèves adultes aptes à traiter avec compétence des situations de la vie quotidienne. Pour y arriver, ils ont des situations d’apprentissage faisant référence à l’actualité ou les mettant en résolution de problèmes qu’ils sont susceptibles de rencontrer dans leur vie. Les programmes visent également l’apprentissage des savoirs nécessaires à la poursuite des études que ce soit en formation professionnelle, au CÉGEP ou à l’université.

Les objectifs éducatifs ne se limitent pas aux apprentissages. En effet, les horaires et les règlements du centre doivent également être respectés dans l’optique de la préparation à la vie en société et au marché du travail.

Or, dans bien des classes, les élèves adultes travaillent seuls et en silence.

Pourtant, la plupart des emplois recherchent des personnes manifestant des compétences pour la collaboration, le travail d’équipe et la communication.

Que faisons-nous, dans les centres, pour amener nos élèves adultes à développer ces compétences? Comment arriver, dans des classes multi-niveaux, à favoriser la collaboration et le travail d’équipe?

C’est, à mon avis, une question prioritaire sur laquelle tous les intervenants en FGA devraient réfléchir et discuter.