Archives mensuelles : mai 2016

La robotique, une lubie de technophile?

En éducation, plusieurs personnes croient que la robotique est une lubie de quelques fantaisistes pas trop matures et déconnectés de la réalité de la classe. En fait, c’est vrai qu’organiser des activités de robotique en classe, surtout dans des centres où les élèves travaillent individuellement et en silence, bouscule un peu l’ordre et les habitudes. De plus, si le but de l’enseignement et de préparer les élèves aux examens, la robotique n’a pas vraiment de place, car, actuellement, on évalue les élèves à résoudre des problèmes écrits et qu’avec du papier et un crayon.
Or, la robotique a sa place dans le parcours d’apprentissage en mathématique pour au moins deux raisons.

  • D’abord, la robotique est un secteur d’avenir. Cette technologie prend de plus en plus de place en industrie, mais également dans les maisons et pour les loisirs. En connaitre les bases sera, pour les citoyens de demain, une compétence essentielle. Découvrir ce secteur d’activité permet également d’ouvrir une porte vers un choix de carrière.
  • Ensuite, la robotique permet de donner des ancrages à des apprentissages théoriques. Par exemple, étudier les notions de fonction affine (la droite) ou autres fonctions, uniquement en lisant dans un livre et en construisant des graphiques parait très abstrait pour plusieurs élèves. Par contre, lorsque ceux-ci programment un robot et construisent un graphique à partir des données récoltées par le robot, les notions de fonctions, de relation entre quantités et du rôle des paramètres prennent tout leur sens.

Lorsqu’on propose des activités de robotique, on fait toujours travailler les élèves en équipe de deux ou trois. Ils doivent alors collaborer et travailler ensemble. On remarque que lorsque les élèves travaillent en équipe, ils sont non seulement plus motivés, mais ils sont également prêts à relever des défis beaucoup plus élevés. Le travail d’équipe leur donne des occasions de s’aider entre eux.

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Élèves de St-Jérôme en plein travail de programmation

Les documents produits lors de l’activité de robotique sont ensuite réinvestis en classe et c’est beaucoup plus motivant pour les élèves de travailler avec leurs propres données. Cela donne du sens à ce qu’ils font. Tous les graphiques produits lors de l’activité sont imprimés et remis aux élèves afin qu’ils puissent les utiliser en classe.

Graphique créé lors d'une activité de robotique

Graphique créé lors d’une activité de robotique

En général, les élèves adultes qui participent à ces activités n’y voient que du positif, ils font des liens et s’impliquent  dans les tâches demandées avec beaucoup d’enthousiasme. Ceux qui critiquent la robotique comme outil d’apprentissage n’ont probablement jamais accompagné des élèves dans ce genre d’activités ou alors l’activité n’était pas bien structurée. Entendre les témoignages, voir l’investissement et la motivation chez les élèves, cela suffit à convaincre de la pertinence de la robotique.

En mathématique, plusieurs notions peuvent être abordées par une activité de robotique telles les relations entre quantités et les représentations physiques. En science-techno ainsi qu’en physique, la robotique devient incontournable. Bref, cette technologie est appelée à faire partie intégrante des outils de base pour l’appropriation des connaissances et des compétences requises dans le programme de la formation générale des adultes.

Esprit de partage

Une fois le congrès de l’AQIFGA passé, il me semble que l’année s’achève. Déjà, on fait le bilan de l’année et pense aux projets pour l’année suivante.

C’est dans cet esprit que j’ai pris la décision d’écrire des articles s’adressant directement aux intervenants de la région des Laurentides. L’objectif de ces articles est d’abord de créer un lien, mais également pour faire connaitre le travail accompli et le développement dans chacun des centres.

Voici donc quelques réalisations particulièrement intéressantes et supportées par les technologies qui ont été diffusées cette année:

Des équipes d’enseignants et de conseillers pédagogiques poursuivent leurs travaux sur la production de matériel pour les nouveaux programmes de FBD, en particulier pour les mathématiques et la science-techno. Des activités et situations d’apprentissage originales bonifiées par des technologies seront diffusées  l’an prochain. Écrivez-moi pour faire connaitre vos réalisations et vos projets.

Merci à tous les généreux enseignants qui partagent le fruit de leur travail.

Les technologies pour apprendre

L’utilisation des technologies en contexte d’apprentissage est-elle un facteur de réussite efficace? Étonnamment, certaines personnes croient que non. Elles mettent les technologies en opposition à la relation maitre-élèves et minimisent leur impact. Comme référence, ces personnes citent l’étude de John Hattie qui prétend que l’apprentissage basé sur le Web n’a qu’une influence faible ou non-significative sur l’apprentissage. Mais de quels apprentissages parle-t-on dans l’étude de Hattie et de quels élèves? Peut-on généraliser pour des élèves de niveaux primaire, secondaire et pour des adultes? Peut-on affirmer qu’il est préférable que des adultes écrivent à la main parce qu’une étude démontre que des enfants de 5 ans apprennent mieux la lecture s’ils apprennent à écrire de façon manuscrite? Et peut-on dissocier l’outil du contexte, de l’enseignant et de l’apprenant?

On limite souvent les technologies éducatives aux exerciseurs ou aux écoutes passives de vidéos. Ces utilisations existent, elles ont même probablement leur place à l’intérieur d’un parcours d’apprentissage, mais les technologies en soutien à l’apprentissage dépassent largement ces modèles. En réalité, dans la classe, surtout en FGA, l’utilisation des technologies se rattache pratiquement toujours à un travail collectif ou collaboratif avec l’enseignant ou entre les élèves adultes.

Voici quelques activités que des élèves ont faits dans la région ces derniers mois:

  • Prêter sa voix à un avatar pour donner son opinion sur un sujet d’actualité (élèves en francisation);
  • Créer une planche de type bande dessinée en se mettant en scène pour présenter la vie au centre dans le but de communiquer en français;
  • Participer, en groupe, à des sessions de quiz interactifs en science ou en histoire dans le but de prendre conscience des enjeux, mais aussi de valider ou de consolider les apprentissages;
  • Modéliser  de façon dynamique des fonctions mathématiques afin de comprendre le rôle des paramètres;
  • Enregistrer sa voix et s’écouter afin de peaufiner sa prononciation en anglais;
  • Programmer un robot et traiter les données recueillies afin de visualiser la relation entre deux caractères;
  • Suivre un cours de biologie en ligne afin de bénéficier de présentations animées, de vidéos, d’articles variées et actuels en plus d’avoir un lieu d’échange asynchrone avec l’enseignant;
  • Consulter des dictionnaires numériques et un correcteur, utiliser un prédicteur de mots et la synthèse vocale  afin d’améliorer son vocabulaire et réduire l’incidence des fautes d’orthographe lors de l’écriture d’un texte;
  • Participer à un webinaires où un expert partage ses connaissances sur un sujet scientifique afin de présenter un domaine d’étude moins connu;
  • Et oui, écouter des capsules vidéos pour apprendre des techniques et faire des exercices avec un exerciseur en ligne pour renforcer des apprentissages, en complément au travail habituel; pour plusieurs élèves adultes, ça fonctionne très bien.

Dans tous les cas mentionnés, le succès de l’activité a reposé essentiellement sur le lien entre l’enseignant et les élèves. Un quiz est pédagogiquement rentable et motivant s’il est bien fait et bien animé. L’enregistrement de capsules ou la création de planche de type bande dessinée par les élèves conduisent à des apprentissages si l’enseignant a bien ciblé son intention pédagogique et encadré la réalisation de l’activité. Un cours en ligne répond aux attentes s’il est bien construit, maintient un rythme adéquat entre les lectures, l’écoute de vidéos et les productions. Une activité de robotique atteint sa cible si l’enseignant l’introduit en la reliant aux apprentissages, pose des questions afin d’amener l’élève à induire les règles et, par la suite, ancre les notions théoriques sur celles observées lors de l’activité de robotique. C’est parce que l’enseignant est un excellent pédagogue et qu’il a des liens forts avec ses élèves que l’utilisation de la technologie a été une réussite.

Le tableau vert ou noir et la craie ont sûrement encore une place dans la classe (au fait, s’interroge-t-on sur leur efficacité?), mais les ordinateurs, TNI, tablettes, robots et téléphones intelligents y sont également présents, au même titre et pour les mêmes objectifs. Le débat ne devrait pas porter sur l’outil, mais bien sur l’élève, sur ce qui l’aide vraiment dans un contexte précis et sur la pédagogie. Parfois, la lecture dans un livre et l’écriture à la main semblent plus efficaces, parfois, la recherche sur Internet, la création de carte interactive et la manipulation de forme sur un logiciel 3D permettent des apprentissages plus significatifs. Se refuser à utiliser certains outils sous un prétexte idéologique ne peut que nuire aux élèves.

Voici quelques liens vers des articles exposant diverses opinions:

http://rue89.nouvelobs.com/2016/04/27/numerique-a-lecole-change-t-vraiment-rapport-a-lerreur-263869

http://www.elfontario.ca/blog/technologie/technologie-en-classe-attention-aux-attentes-exagerees/

http://www.internetactu.net/2015/05/19/pourquoi-lapprentissage-assiste-par-la-technologie-ne-parviendra-pas-a-lui-seul-a-resoudre-la-crise-de-leducation/

http://www.vteducation.org/fr/articles/collaboration-avec-les-technologies/usages-pedagogiques-des-tic-de-la-consommation-a-la

Sur la rétroaction: http://claac.org/la-retroaction-dans-une-claac-une-strategie-efficace/

Impact des technologies sur les élèves à besoins particuliers. http://taalecole.ca/adaptations/technologies-lecture-ecriture/