Les technologies pour apprendre


L’utilisation des technologies en contexte d’apprentissage est-elle un facteur de réussite efficace? Étonnamment, certaines personnes croient que non. Elles mettent les technologies en opposition à la relation maitre-élèves et minimisent leur impact. Comme référence, ces personnes citent l’étude de John Hattie qui prétend que l’apprentissage basé sur le Web n’a qu’une influence faible ou non-significative sur l’apprentissage. Mais de quels apprentissages parle-t-on dans l’étude de Hattie et de quels élèves? Peut-on généraliser pour des élèves de niveaux primaire, secondaire et pour des adultes? Peut-on affirmer qu’il est préférable que des adultes écrivent à la main parce qu’une étude démontre que des enfants de 5 ans apprennent mieux la lecture s’ils apprennent à écrire de façon manuscrite? Et peut-on dissocier l’outil du contexte, de l’enseignant et de l’apprenant?

On limite souvent les technologies éducatives aux exerciseurs ou aux écoutes passives de vidéos. Ces utilisations existent, elles ont même probablement leur place à l’intérieur d’un parcours d’apprentissage, mais les technologies en soutien à l’apprentissage dépassent largement ces modèles. En réalité, dans la classe, surtout en FGA, l’utilisation des technologies se rattache pratiquement toujours à un travail collectif ou collaboratif avec l’enseignant ou entre les élèves adultes.

Voici quelques activités que des élèves ont faits dans la région ces derniers mois:

  • Prêter sa voix à un avatar pour donner son opinion sur un sujet d’actualité (élèves en francisation);
  • Créer une planche de type bande dessinée en se mettant en scène pour présenter la vie au centre dans le but de communiquer en français;
  • Participer, en groupe, à des sessions de quiz interactifs en science ou en histoire dans le but de prendre conscience des enjeux, mais aussi de valider ou de consolider les apprentissages;
  • Modéliser  de façon dynamique des fonctions mathématiques afin de comprendre le rôle des paramètres;
  • Enregistrer sa voix et s’écouter afin de peaufiner sa prononciation en anglais;
  • Programmer un robot et traiter les données recueillies afin de visualiser la relation entre deux caractères;
  • Suivre un cours de biologie en ligne afin de bénéficier de présentations animées, de vidéos, d’articles variées et actuels en plus d’avoir un lieu d’échange asynchrone avec l’enseignant;
  • Consulter des dictionnaires numériques et un correcteur, utiliser un prédicteur de mots et la synthèse vocale  afin d’améliorer son vocabulaire et réduire l’incidence des fautes d’orthographe lors de l’écriture d’un texte;
  • Participer à un webinaires où un expert partage ses connaissances sur un sujet scientifique afin de présenter un domaine d’étude moins connu;
  • Et oui, écouter des capsules vidéos pour apprendre des techniques et faire des exercices avec un exerciseur en ligne pour renforcer des apprentissages, en complément au travail habituel; pour plusieurs élèves adultes, ça fonctionne très bien.

Dans tous les cas mentionnés, le succès de l’activité a reposé essentiellement sur le lien entre l’enseignant et les élèves. Un quiz est pédagogiquement rentable et motivant s’il est bien fait et bien animé. L’enregistrement de capsules ou la création de planche de type bande dessinée par les élèves conduisent à des apprentissages si l’enseignant a bien ciblé son intention pédagogique et encadré la réalisation de l’activité. Un cours en ligne répond aux attentes s’il est bien construit, maintient un rythme adéquat entre les lectures, l’écoute de vidéos et les productions. Une activité de robotique atteint sa cible si l’enseignant l’introduit en la reliant aux apprentissages, pose des questions afin d’amener l’élève à induire les règles et, par la suite, ancre les notions théoriques sur celles observées lors de l’activité de robotique. C’est parce que l’enseignant est un excellent pédagogue et qu’il a des liens forts avec ses élèves que l’utilisation de la technologie a été une réussite.

Le tableau vert ou noir et la craie ont sûrement encore une place dans la classe (au fait, s’interroge-t-on sur leur efficacité?), mais les ordinateurs, TNI, tablettes, robots et téléphones intelligents y sont également présents, au même titre et pour les mêmes objectifs. Le débat ne devrait pas porter sur l’outil, mais bien sur l’élève, sur ce qui l’aide vraiment dans un contexte précis et sur la pédagogie. Parfois, la lecture dans un livre et l’écriture à la main semblent plus efficaces, parfois, la recherche sur Internet, la création de carte interactive et la manipulation de forme sur un logiciel 3D permettent des apprentissages plus significatifs. Se refuser à utiliser certains outils sous un prétexte idéologique ne peut que nuire aux élèves.

Voici quelques liens vers des articles exposant diverses opinions:

http://rue89.nouvelobs.com/2016/04/27/numerique-a-lecole-change-t-vraiment-rapport-a-lerreur-263869

http://www.elfontario.ca/blog/technologie/technologie-en-classe-attention-aux-attentes-exagerees/

http://www.internetactu.net/2015/05/19/pourquoi-lapprentissage-assiste-par-la-technologie-ne-parviendra-pas-a-lui-seul-a-resoudre-la-crise-de-leducation/

http://www.vteducation.org/fr/articles/collaboration-avec-les-technologies/usages-pedagogiques-des-tic-de-la-consommation-a-la

Sur la rétroaction: http://claac.org/la-retroaction-dans-une-claac-une-strategie-efficace/

Impact des technologies sur les élèves à besoins particuliers. http://taalecole.ca/adaptations/technologies-lecture-ecriture/

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