Archives du mot-clé Technologie

Retour de la relâche

Après la relâche, il semble que le train des jours roule de plus en plus vite. Plusieurs adultes attendent avec angoisse une réponse du CÉGEP ou d’un centre de formation professionnelle tout en mettant les bouchées doubles afin de terminer leurs cours avant l’échéance fixée. D’autres commencent à se mettre des objectifs à atteindre avant les vacances. Tout ça se manifeste souvent par une plus grande pression sur les enseignants.
En avril, il y a le congrès de l’AQIFGA. C’est un moment de ressourcement pour ceux et celles qui ont la chance d’y participer. C’est également l’occasion, pour les maisons d’édition, de diffuser leurs dernières publications. Avec les nouveaux programmes en FBD, on s’attend à revenir du congrès avec plusieurs livres et autres ressources.
Pour cette communication, je vous partage quelques outils vraiment utiles pour la préparation de matériel pédagogique :
https://documentcyborg.com/. Vous avez trouvé un article sur Internet et vous aimeriez vous en servir comme ressource. Avec ce site, il suffit d’y entrer le lien sur le site et de le convertir en PDF ou en document Word. Seuls l’article et les photos de l’article sont récupérés. Vous pouvez même télécharger des articles provenant de La Presse+. Lorsque vous téléchargez l’article en format Word, vous pouvez ensuite le mettre en forme pour le rendre plus accessible à vos élèves. Cependant, n’oubliez pas d’inclure la référence complète.
http://otranscribe.com/. Outil tout simple pour transcrire ou prendre des notes à partir d’une vidéo se trouvant sur notre ordinateur ou sur YouTube. Très utile pour créer un questionnaire se rapportant à l’écoute d’une vidéo ou pour transcrire le verbatim.
https://unsplash.com/. Ce n’est pas toujours facile de trouver de belles photos pour illustrer une situation d’apprentissage, un blogue ou toute autre activité. Ce site vous propose de magnifiques photos sur licence « Creative Commons Zero ». Cette licence signifie que les photos sont libres pour utilisation et modification, sans demande de permission. On encourage l’utilisateur d’indiquer le nom de l’auteur de la photo et d’inclure le lien vers le site. Allez faire un tour pour le plaisir !

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Les technologies pour apprendre

L’utilisation des technologies en contexte d’apprentissage est-elle un facteur de réussite efficace? Étonnamment, certaines personnes croient que non. Elles mettent les technologies en opposition à la relation maitre-élèves et minimisent leur impact. Comme référence, ces personnes citent l’étude de John Hattie qui prétend que l’apprentissage basé sur le Web n’a qu’une influence faible ou non-significative sur l’apprentissage. Mais de quels apprentissages parle-t-on dans l’étude de Hattie et de quels élèves? Peut-on généraliser pour des élèves de niveaux primaire, secondaire et pour des adultes? Peut-on affirmer qu’il est préférable que des adultes écrivent à la main parce qu’une étude démontre que des enfants de 5 ans apprennent mieux la lecture s’ils apprennent à écrire de façon manuscrite? Et peut-on dissocier l’outil du contexte, de l’enseignant et de l’apprenant?

On limite souvent les technologies éducatives aux exerciseurs ou aux écoutes passives de vidéos. Ces utilisations existent, elles ont même probablement leur place à l’intérieur d’un parcours d’apprentissage, mais les technologies en soutien à l’apprentissage dépassent largement ces modèles. En réalité, dans la classe, surtout en FGA, l’utilisation des technologies se rattache pratiquement toujours à un travail collectif ou collaboratif avec l’enseignant ou entre les élèves adultes.

Voici quelques activités que des élèves ont faits dans la région ces derniers mois:

  • Prêter sa voix à un avatar pour donner son opinion sur un sujet d’actualité (élèves en francisation);
  • Créer une planche de type bande dessinée en se mettant en scène pour présenter la vie au centre dans le but de communiquer en français;
  • Participer, en groupe, à des sessions de quiz interactifs en science ou en histoire dans le but de prendre conscience des enjeux, mais aussi de valider ou de consolider les apprentissages;
  • Modéliser  de façon dynamique des fonctions mathématiques afin de comprendre le rôle des paramètres;
  • Enregistrer sa voix et s’écouter afin de peaufiner sa prononciation en anglais;
  • Programmer un robot et traiter les données recueillies afin de visualiser la relation entre deux caractères;
  • Suivre un cours de biologie en ligne afin de bénéficier de présentations animées, de vidéos, d’articles variées et actuels en plus d’avoir un lieu d’échange asynchrone avec l’enseignant;
  • Consulter des dictionnaires numériques et un correcteur, utiliser un prédicteur de mots et la synthèse vocale  afin d’améliorer son vocabulaire et réduire l’incidence des fautes d’orthographe lors de l’écriture d’un texte;
  • Participer à un webinaires où un expert partage ses connaissances sur un sujet scientifique afin de présenter un domaine d’étude moins connu;
  • Et oui, écouter des capsules vidéos pour apprendre des techniques et faire des exercices avec un exerciseur en ligne pour renforcer des apprentissages, en complément au travail habituel; pour plusieurs élèves adultes, ça fonctionne très bien.

Dans tous les cas mentionnés, le succès de l’activité a reposé essentiellement sur le lien entre l’enseignant et les élèves. Un quiz est pédagogiquement rentable et motivant s’il est bien fait et bien animé. L’enregistrement de capsules ou la création de planche de type bande dessinée par les élèves conduisent à des apprentissages si l’enseignant a bien ciblé son intention pédagogique et encadré la réalisation de l’activité. Un cours en ligne répond aux attentes s’il est bien construit, maintient un rythme adéquat entre les lectures, l’écoute de vidéos et les productions. Une activité de robotique atteint sa cible si l’enseignant l’introduit en la reliant aux apprentissages, pose des questions afin d’amener l’élève à induire les règles et, par la suite, ancre les notions théoriques sur celles observées lors de l’activité de robotique. C’est parce que l’enseignant est un excellent pédagogue et qu’il a des liens forts avec ses élèves que l’utilisation de la technologie a été une réussite.

Le tableau vert ou noir et la craie ont sûrement encore une place dans la classe (au fait, s’interroge-t-on sur leur efficacité?), mais les ordinateurs, TNI, tablettes, robots et téléphones intelligents y sont également présents, au même titre et pour les mêmes objectifs. Le débat ne devrait pas porter sur l’outil, mais bien sur l’élève, sur ce qui l’aide vraiment dans un contexte précis et sur la pédagogie. Parfois, la lecture dans un livre et l’écriture à la main semblent plus efficaces, parfois, la recherche sur Internet, la création de carte interactive et la manipulation de forme sur un logiciel 3D permettent des apprentissages plus significatifs. Se refuser à utiliser certains outils sous un prétexte idéologique ne peut que nuire aux élèves.

Voici quelques liens vers des articles exposant diverses opinions:

http://rue89.nouvelobs.com/2016/04/27/numerique-a-lecole-change-t-vraiment-rapport-a-lerreur-263869

http://www.elfontario.ca/blog/technologie/technologie-en-classe-attention-aux-attentes-exagerees/

http://www.internetactu.net/2015/05/19/pourquoi-lapprentissage-assiste-par-la-technologie-ne-parviendra-pas-a-lui-seul-a-resoudre-la-crise-de-leducation/

http://www.vteducation.org/fr/articles/collaboration-avec-les-technologies/usages-pedagogiques-des-tic-de-la-consommation-a-la

Sur la rétroaction: http://claac.org/la-retroaction-dans-une-claac-une-strategie-efficace/

Impact des technologies sur les élèves à besoins particuliers. http://taalecole.ca/adaptations/technologies-lecture-ecriture/

Intégration ou utilisation?

Depuis presque six ans, je travaille comme conseillère pédagogique dans un service régional du RÉCIT FGA.

(Le RÉCIT c’est un réseau pour le développement des compétences par l’intégration des technologies. La FGA, c’est la formation générale des adultes.)

Mon mandat est donc, en partie, d’aider les enseignants à développer leur compétence à intégrer les technologies de l’information et des communications aux fins de préparation et de pilotage d’activités…. bref, la compétence professionnelle 8.

Or, j’ai de plus en plus de difficulté avec l’intégration. Pour moi, ça n’a pas de sens. On n’intègre pas les technologies dans la pédagogie comme on intègre un immigrant dans une société d’accueil. Les technologies sont des outils, on n’intègre pas un outil dans une tâche, on l’utilise.

Lorsqu’on écrit un texte avec un logiciel, on n’intègre pas le logiciel dans l’acte d’écriture, on utilise le logiciel au lieu d’utiliser un crayon.

Lorsqu’on enregistre sa voix, on n’intègre pas un logiciel d’enregistrement dans ses productions orales, on utilise un logiciel pour s’enregistrer.

Lorsqu’on anime un atelier avec un TNI, on n’intègre pas le TNI dans ses cours, on l’utilise.

Chercher à intégrer un outil ou une technologie dans sa pratique reste superficiel et n’amène pas vraiment de changement sauf, peut-être, un certain confort.

Par contre, le fait de disposer d’outils plus performants ouvre de nouvelles portes. On peut entrevoir tellement de nouvelles possibilités parce qu’on a ces outils.

Écrire un texte à l’aide d’un traitement de texte permet de faire un plan et de le modifier, de jouer sur les styles, d’ajouter des images, de copier, déplacer, modifier, ajouter, supprimer du texte.

Enregistrer sa voix permet ensuite de s’écouter, de se reprendre, de se corriger et de diffuser son message à tous ses amis.

Utiliser un TNI lors d’ateliers permet d’enregistrer et de conserver ses notes, de préparer des présentations originales, de revenir sur une ancienne présentation, de déplacer, manipuler, ajouter, supprimer du texte, des objets, des images.

Imaginez seulement tout ce qu’on peut faire avec les ordinateurs, les logiciels, les appareils mobiles, les robots. Imaginez tout ce qui est à notre portée avec Internet…..

Bref, on n’intègre pas les technologies dans notre pratique pédagogique, on se permet de nouvelles pratiques pédagogiques parce qu’on utilise les technologies.

De nouvelles pratiques pédagogiques inédites dans le courant des changements culturels amenés par ces technologies.

À lire, cet excellent texte (et tous les autres textes de son blogue) de Bruno Devauchelle : http://www.brunodevauchelle.com/blog/?page_id=493

L’école numérique

À l’école, on voit couramment des élèves utilisant une technologie. On pense à la calculatrice, au moteur de recherche, au dictionnaire électronique ou au correcteur. Lorsque le matériel fonctionne adéquatement, qu’il est disponible et installé de façon ergonomique, l’utilisation est pertinente et souhaitée.

Ce qu’on cherche actuellement à développer, c’est l’intégration des technologies dans le processus scolaire. Ici, on parle de logiciel de traitement de texte avec les outils associés, un tableur, un logiciel de géométrie dynamique, des vidéos, des fichiers audio, etc.

L’intégration des technologies est le cheval de bataille des conseillers pédagogiques des différents services du RÉCIT. On analyse les programmes, les notions à enseigner, les cours, les compétences à développer et on propose des outils à intégrer en remplacement du papier et du crayon. On argumente sur les avantages pédagogiques ou didactiques. Si on n’en trouve pas, on parle alors de motivation des élèves et du développement de leur compétence TIC.

On mise aussi beaucoup sur les formations et les accompagnements.

Le point d’orgue revient souvent au développement de la compétence 8 chez les enseignants par les axes d’entrée que sont les 6 composantes.

En général, on recherche une plus-value de la technologie par rapport au papier ou à d’autres méthodes traditionnelles.

Ce n’est pas une tâche difficile en soi. La plupart des activités d’apprentissage faites par les élèves se font plus aisément avec un ordinateur qu’avec un papier et un crayon. On n’a qu’à penser à la recherche dans un dictionnaire, à l’écriture d’un texte ou à la construction d’un graphique. Souvent, les limites sont surtout matérielles (ordinateurs non disponibles ou obsolètes) et humaines (peu d’habileté chez l’enseignant ou chez l’élève). La tâche à l’ordinateur plutôt que dans un cahier est également souvent perçue comme une perte de temps.

Mais pouvons-nous aller plus loin?

Une école numérique se limite-t-elle à intégrer la technologie dans des tâches faites initialement sans technologie?

Si c’est le cas, je crois qu’on fait fausse route.

Selon moi, il faut cesser de se limiter à promouvoir l’usage des technologies et de leur intégration dans nos cours.

Une école numérique ce n’est pas seulement de faire mieux avec la technologie ce qu’on fait déjà avec le papier crayon.

Une école numérique c’est faire avec la technologie ce qu’il n’est pas possible de faire avec le papier et le crayon.

Cet angle d’entrée nous amène alors beaucoup plus près de l’apprentissage que de la technologie. Cette dernière n’est plus un but (intégrer la technologie), mais un moyen pour apprendre/comprendre/créer.

La marche est haute, car les programmes sont conçus en fonction du papier. Les méthodes pédagogiques, les notions à voir, les limites, la progression des apprentissages, les évaluations, sont basées sur une pratique traditionnelle.

Une véritable école numérique est donc beaucoup plus complexe à mettre en place, car elle implique un changement des pratiques pédagogiques et le développement d’une culture numérique, et ce, à tous les niveaux.

Les exemples manquent, les expériences se font rares.

Inspirations :
http://www.educavox.fr/actualite/debats/article/la-culture-ne-s-herite-pas-elle-se
http://www.educavox.fr/formation/analyses-27/article/quand-technopedagogie-devient